Envie plus fréquente d'aller aux toilettes, sensation de brûlure, inconfort... Les gênes urinaires sont très fréquentes chez la femme. Une femme sur deux y sera confrontée au cours de sa vie. 20% d’entre elles feront une récidive.
Les gênes urinaires sont le plus souvent générées par une présence trop importante de bactéries dans la vessie. Elles peuvent se manifester une seule fois dans la vie ou revenir régulièrement et provoquent alors un vrai inconfort au quotidien.

 

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>>> Les personnes les plus touchées

Les gênes urinaires touchent plus fréquemment les femmes pour des raisons anatomiques. Mais dans certains cas, les hommes et les enfants ne sont pas épargnés. On peut voir également que certaines maladies ou situations particulières peuvent provoquer une sensibilité accrue aux gênes urinaires.

Chez la femme, le risque de connaître un épisode de gêne urinaire est 50 fois plus élevé que chez l’homme. En effet, la proximité entre l’anus et l’orifice externe de l’urètre (canal d’évacuation de l’urine) facilite grandement l’accès aux bactéries. Par ailleurs, l’urètre féminin étant très court (à peine 4 cm), cela augmente considérablement le risque de remontée des bactéries.

Les rapports sexuels favorisent les gènes urinaires. Lors du rapport sexuel, le méat urinaire est largement ouvert et facilite la remontée des germes vers la vessie. L’absence de nettoyage et de miction après le rapport peut provoquer une forte sensibilité et l’apparition de gênes urinaires. Il n’y a pas de risque de transmission sexuelle mais une attention particulière doit être portée sur l’hygiène corporelle qui est un facteur favorisant. Si elle est excessive, insuffisante ou inadaptée, les bactéries peuvent plus facilement s’installer dans la vessie.

Les femmes enceintes sont particulièrement sensibles en raison de la pression exercée par le bébé sur le système urinaire, mais aussi des changements hormonaux dus à la grossesse. Les signes sont souvent très discrets voire absents, ce qui fait qu’une surveillance pendant la grossesse est indispensable notamment pour éviter des complications.

Les femmes ménopausées sont aussi très sensibles. Une modification de l’acidité vaginale par la diminution normale des hormones (oestrogènes) va favoriser la prolifération des bactéries. De plus, le prolapsus (descente des organes) peut être à l’origine de stagnations urinaires propices au développement bactérien.

Chez l’homme, c’est surtout après 50 ans que les gênes urinaires peuvent survenir. Elles sont alors provoquées par des troubles de la prostate qui empêchent la vessie de se vider entièrement favorisant la multiplication d’E.coli. Chez l’homme jeune, elles sont rares car empêchées par les sécrétions prostatiques acides (au rôle antibactérien).


Chez les enfants (3% sont concernés), une gêne urinaire peut être le signe d’une anomalie anatomique du système urinaire et doit absolument être signalée à un médecin afin d’éviter les complications.


Les personnes diabétiques sont très sensibles aux gênes urinaires en raison du taux élevé de sucre dans leur urine, qui constitue un milieu favorable au développement bactérien.


Les personnes sondées dont les fonctions urinaires sont touchées sont également plus sensibles car, dans leur cas, les bactéries se servent de la surface du tube de la sonde pour infecter le tractus urinaire. Parfois contractées à l’hôpital, ces bactéries ont pu développer une certaine résistance nécessitant le recours à des traitements plus puissants.

 

>>> Quelle prise en charge ?

Le traitement médical de référence repose sur la prise d’antibiotiques en monodose durant 3 à 5 jours après analyse d’urine (examen cytobactériologique des urines : ECBU).  Ce traitement est efficace en première intention et permet un retour à la normale dans le cas d'épisodes non récidivants.

Concernant les épisodes récidivants (au moins 4 sur 12 mois), l’antibiothérapie est évaluée au cas par cas mais est souvent peu adaptée sur le long terme. Parallèlement, des conseils hygiéno-diététiques sont donnés : boire beaucoup, vider la vessie régulièrement, uriner après les rapports sexuels et éviter les spermicides.

L'antibioprophylaxie en continu (au moins 6 mois) peut amener un risque de sélection de bactéries résistantes. En France, les résistances des bactéries aux principaux antibiotiques utilisés pour ce type d'infection sont de 10 à 30% et atteignent jusqu’à 50% dans des cas extrêmes.
D’autre part, la consommation répétée de certains antibiotiques est associée à des effets indésirables rares mais importants.

Dans ce contexte, la prise en charge peut se révéler être un véritable casse-tête et d’éventuelles alternatives naturelles efficaces sont alors les bienvenues.

Source : Recommandations de Bonnes Pratiques- diagnostic et antibiothérapie bactériennes communautaires chez l’adulte » AFSSAPS, Juin 2008.